Publié le Jeudi 04 juin 2026 à 09:13:08

20 jours, 20 histoires : Maradona et la légende de la Coupe du monde 1986 au Mexique

20 jours, 20 histoires : Maradona et la légende de la Coupe du monde 1986 au Mexique

À l’approche de la Coupe du monde, retour sur le Mondial au Mexique en 1986, où Diego Maradona a marqué l’histoire en l’espace de quatre minutes face à l’Angleterre. Entre la “main de Dieu” et le but du siècle, l’Argentin a façonné l’un des récits les plus légendaires du football mondial.

Il est impossible de résumer la Coupe du monde 1986 de Diego Maradona en une seule image. Pourtant, si l’on devait choisir un point de départ, il se situe sans hésitation dans ces quatre minutes du quart de finale face à l’Angleterre à l’Estadio Azteca. Un but de la main, puis un autre du pied. Deux gestes opposés, deux symboles d’un même joueur : l’ombre et la lumière. C’est aussi cela qui fait de Mexico 86 un tournoi à part, imparfait, controversé, mais unique.


L’Argentine arrive au Mexique sans être considérée comme une grande favorite. Le football de Carlos Bilardo, fondé sur la rigueur défensive et le détail, fait débat dans le pays. Daniel Passarella, capitaine du sacre de 1978, fait partie du groupe mais l’équipe est désormais construite autour de Maradona, à qui le brassard est confié. Passarella ne joue finalement pas durant le tournoi, officiellement pour des raisons physiques, même si les tensions internes alimentent les discussions en Argentine.

Maradona, lui, n’arrive pas comme une star au physique parfait. Touché physiquement avant le tournoi, il apparaît loin des standards athlétiques modernes. Pourtant, dès que le ballon arrive dans ses pieds, le jeu change de dimension. L’Argentine débute par une victoire 3-1 contre la Corée du Sud, puis partage les points avec l’Italie (1-1), avant de terminer première de son groupe après un succès 2-0 face à la Bulgarie. En huitièmes de finale, l’Uruguay est éliminé 1-0.

Le véritable tournant arrive en quart de finale face à l’Angleterre. Ce match dépasse largement le cadre sportif, dans un contexte marqué par la guerre des Malouines quatre ans plus tôt. Le 22 juin 1986, l’affrontement porte une charge émotionnelle immense avant même le coup d’envoi.

La première mi-temps reste sans but. À la 51e minute, sur un ballon mal dégagé dans la surface, Maradona et le gardien Peter Shilton s’élèvent. Plus petit d’environ vingt centimètres, l’Argentin utilise sa main gauche pour pousser le ballon au fond des filets. L’arbitre valide le but malgré les protestations anglaises. Maradona résumera plus tard cette action par une phrase restée célèbre : « Un peu la tête de Maradona, un peu la main de Dieu ».

Quatre minutes plus tard, il signe l’un des plus grands buts de l’histoire de la Coupe du monde. Parti de sa moitié de terrain, il élimine successivement plusieurs joueurs anglais avant de dribbler Shilton et de conclure dans un angle fermé après une course d’environ cinquante mètres. Un geste d’anthologie, resté dans les mémoires sous le nom de “but du siècle”.

L’Angleterre réduit le score par Gary Lineker à la 81e minute, mais l’Argentine s’impose 2-1 et file en demi-finale. Maradona poursuit ensuite son tournoi en marquant deux buts contre la Belgique, avant de jouer un rôle décisif en finale contre l’Allemagne de l’Ouest, en offrant la passe décisive du but du titre de Jorge Burruchaga.

Il termine la compétition avec 5 buts et 5 passes décisives, impliqué directement dans 10 des 14 buts argentins. Désigné meilleur joueur du tournoi, il subit également 53 fautes au total. Mais au-delà des chiffres, Mexico 86 reste avant tout une histoire de moments. La “Main de Dieu” et le “But du siècle” en quatre minutes. Deux visages d’un même homme, qui ont suffi à transformer une Coupe du monde en légende éternelle.


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